« ‘ Vous bousculez pas, ‘ y en aura assez pour tout le monde » ...Les ventres criant famine, c’était la bousculade...Moise s’égosillait à mettre un peu de discipline dans la collecte de cette ‘chose’ qui toute la nuit était tombée sur le camp. Les premiers qui l’avaient goûtée, qui y avaient trouvé un goût de pain avaient sonné l’alerte ! « C’est le pain que le Seigneur vous donne... » avait dit Moise...

Ils en eurent tous les jours sauf le « Jour du Seigneur ». La veille, ils faisaient les provisions pour le lendemain. La manne cessa dès leur arrivée aux terres de leur ancêtre Abraham, un jour de Pâques... Leur épopée dans le désert avait commencé durant une Veillée Pascale et avait fini un Jour de Pâques, une génération plus tard. Dieu avait pris le temps de faire leur éducation, pour en faire sa Famille. La manne qu’il faisait tombait du ciel, leur apprenait à vivre en frères. Ils se recevaient du Dieu d’Israël, donc devaient mutuellement se recevoir en filles et fils d’Abraham...

Du pain, il y en avait aussi dans la maison pour ces deux frères. Le cadet était parti avec la moitié des biens de son père. A son retour, paumé et loqueteux, le père invite son frère aîné à partager son pain avec son frère cadet, « parce qu’il est revenu à la vie ». Le père argumente pour que les deux se regardent en frères du même père. « Tout ce qui est à moi est à toi » dit-il au fils aîné, en présence du fils revenu à la maison...

Du Pain pour tous à chaque Eucharistie ! C’est la Manne que le Père nous donne dans la Parole de son Fils et dans le Corps eucharistique de Jésus.
C’est aussi le Pain de la Fraternité qui nous renvoie à nos propres regards sur « ceux qui étaient partis en claquant la porte de l’Eglise ». C’est le Pain de la Fraternité dont le monde a besoin et que notre Eglise propose aux hommes et aux femmes de notre temps. Le Christ est donné au monde, pour réconcilier tous les êtres humains, et en faire un Peuple Nouveau.
+ Père Emile DIONE, prêtre coopérateur